Dispositifs de lecture savante. Humanisme et numérique

Publié le 12 janvier 2015 Mis à jour le 16 mars 2015
Date(s)

le 22 janvier 2015

De 9h à 18h30
Lieu(x)

Pôle universitaire Leonard de Vinci
Université Université Paris Nanterre
12 Avenue Léonard de Vinci
92400 Courbevoie
(face au Cnit) salle 660
Journée d'étude
Journée organisée par le laboratoire Dicen-IDF (Louise Merzeau), l’UMR 7041 ArScAn-THEMAM (Aurélien Berra, Anne Videau) et l’UFR Phillia de l’université Paris ouest Nanterre La Défense (Olivier Renaut), en partenariat avec l’Iri, Sens Public et l’université de Montréal

À partir de 17h, la rencontre sera prolongée par le séminaire Écritures numériques et éditorialisation (Iri / Sens Public / Université de Montréal) en liaison vidéo avec le Canada.

Argumentaire
Dans les années 1990, l'arrivée de l'informatique dans la pratique courante des chercheurs en sciences humaines a suscité de nombreuses études sur le concept de dispositif et sur l’imbrication des facteurs techniques et cognitifs dans la construction d’une relation active aux textes.
La banalisation progressive des équipements informatiques a ensuite paradoxalement remisé au second plan ces investigations, comme si la question de l'appropriation intellectuelle des outils devait désormais passer après celle de leur effets sociaux.
Pourtant, si elle est devenue la règle, l'adoption du support numérique dans les pratiques d'étude est loin de s'être stabilisée en un modèle normalisé, sauf à considérer comme référentiel commun les seules contraintes de l’industrie et du marché.
Alors que tous les lecteurs savants pratiquent désormais la lecture en ligne via une diversité de terminaux, il paraît nécessaire de reprendre le questionnement théorique de nos technologies intellectuelles, pour les situer dans une histoire longue des dispositifs analogiques et numériques, et interroger ce qui se transmet à travers notre environnement de travail.
L’enjeu n’est pas seulement de replacer les manières de faire des lecteurs du XXIe siècle dans l’héritage d’une tradition humaniste où l’ordre des livres a fermenté. Il est aussi de reconsidérer la culture naissante des data à l’aune de cette archéologie des dispositifs. L'atomisation des documents en données mobilisables et calculables encourage en effet le retour d’une phraséologie de la dématérialisation qui nous paraît devoir être combattue. À l’opposé de l’idéalisme que sert cette insistance sur la désolidarisation des contenus et des supports, cette journée d’étude entend examiner de près la solidarité des dispositifs et des dispositions, y compris dans les environnements dits « virtuels », dont l'affordance n'est pas moins déterminante.
Ce faisant, notre ambition est d’interroger la survivance ou la réinvention d’une pratique savante de la lecture, dont il faudra redéfinir les spécificités. Citation, annotation, glose, exégèse, confrontation, bifurcation… autant d’opérations intellectuelles dont il faut décrire les effets de permanence et les évolutions.

Programme

9h-9h30 Accueil et ouverture par Louise Merzeau
9h35-10h15 Christian Jacob : Nouvelles Alexandries : lire à l’âge du numérique
10h20-11h Emmanuël Souchier : La délégation des savoirs et la lecture savante aux seuils de la polyphonie énonciative
11h05-11h45 Jean-François Bert : Écrire à la marge : Marcel Mauss, un anthropologue paradoxal
11h50-12h30 Elena Pierazzo : L’édition comme représentation
Pause déjeuner
14h-14h40 Milad Doueihi : Le Savant parmi les machines
14h45-15h25 Philippe Aigrain : L’écriture dans la lecture savante : annotation, remix et traduction
15h25-16h05 Evelyne Broudoux : Les ressorts du lien hypertexte
Discussion - Pause
Séminaire Écritures numériques et éditorialisation
17h Ressources et documentation pour la recherche (Introduction)
17h10-17h30 Vincent Larivière
17h30-17h50 Stéphane Pouyllau

Mis à jour le 16 mars 2015